On entend souvent parler du CSP, ou contrat de sécurisation professionnelle, dans les services RH et chez les salariés touchés par un licenciement économique. Ce dispositif, piloté par France Travail et encadré par la convention Unédic, remplace un maintien du contrat de travail par un accompagnement intensif vers l’emploi : connaître ses effets concrets aide autant l’employeur que la personne concernée à prendre des décisions mieux informées.
Sommaire
Pourquoi parler de CSP plutôt que de « congé »
Appeler le CSP un « congé » prête à confusion. Contrairement au congé de reclassement qui laisse le contrat de travail en vigueur, l’adhésion au CSP entraîne la rupture du contrat d’un commun accord : le salarié quitte l’entreprise et entre sous le régime de l’assurance chômage. Cette différence juridique modifie instantanément les droits et obligations des parties et a des conséquences pratiques pour la paie, le préavis et les démarches administratives.
Qui est tenu de proposer le CSP et quels risques pour l’employeur ?
La proposition du dispositif ne concerne pas toutes les entreprises de la même façon. En pratique, les employeurs d’un effectif inférieur à 1 000 salariés doivent systématiquement proposer le CSP aux salariés visés par un licenciement économique, que la procédure soit individuelle ou collective. Une exception importante s’applique aux entreprises en redressement ou liquidation judiciaire : la proposition est exigée quel que soit l’effectif.
Un oubli peut coûter cher. L’employeur qui n’a pas offert le CSP s’expose à une contribution financière versée à France Travail ; le montant varie selon le cas et peut atteindre l’équivalent de plusieurs mois de salaire moyen selon la situation rapportée par la convention.
Comment se déroule la décision du salarié ?
Le point de départ est l’entretien préalable au licenciement, où l’employeur remet une information écrite et un bulletin d’acceptation. Le salarié dispose de 21 jours calendaires pour répondre : ce délai lui permet, s’il le souhaite, d’obtenir un entretien avec France Travail pour clarifier l’offre d’accompagnement. L’absence de réponse dans ce délai vaut refus.

En cas d’acceptation, le salarié signe le bulletin, joint une pièce d’identité et le contrat est rompu d’un commun accord à l’issue de ce délai. Il n’est pas tenu d’exécuter un préavis dans l’entreprise : les formalités sont ensuite transmises à France Travail (attestation employeur, demande d’allocation, solde de tout compte).
Ce que couvre l’accompagnement et quelles obligations pour le bénéficiaire
Le CSP propose un accompagnement renforcé et individualisé. Un pré-bilan obligatoire est réalisé pendant le premier mois pour établir un projet de retour à l’emploi adapté au profil et au bassin d’emploi. Ensuite, le bénéficiaire bénéficie d’un suivi régulier par un conseiller, d’un accès prioritaire à des formations qualifiantes, et à des périodes d’immersion ou ateliers collectifs.
En contrepartie, la personne doit rester disponible, participer activement aux actions programmées et ne pas refuser plus d’une offre raisonnable d’emploi. Un manquement répétitif peut entraîner une radiation et la perte de l’allocation.
Quelle indemnisation sous le CSP et comment cela se combine avec les indemnités de rupture ?
L’allocation de sécurisation professionnelle (ASP)
L’élément central est l’ASP, versée dès le lendemain de la rupture du contrat, sans délai de carence. Pour les salariés ayant au moins une année d’ancienneté, le calcul de l’allocation repose sur une proportion du salaire journalier de référence selon les règles prévues ; pour ceux qui ont moins d’un an, le calcul est aligné sur les règles habituelles de l’assurance chômage. Les montants sont plafonnés et soumis à des planchers spécifiques prévus par la convention.

Autres sommes perçues
Le bénéficiaire conserve le droit aux indemnités de rupture (indemnité légale ou conventionnelle de licenciement et indemnité compensatrice de congés payés). Concernant le préavis, la part correspondant aux trois premiers mois est versée à France Travail pour financer le dispositif, la portion excédant trois mois restant au salarié.
Des aides encouragent la reprise d’emploi : une prime de reclassement peut être attribuée à ceux qui retrouvent un CDI ou un contrat d’au moins six mois dans un délai fixé par le dispositif, et une indemnité différentielle compense une baisse de salaire lors d’une reprise moins rémunératrice.
Arrêt maladie, parentalité : quelles interactions avec le CSP ?
L’adhésion au CSP est possible même si vous êtes en arrêt maladie au moment de la proposition. Toutefois, l’indemnisation évolue pendant cet arrêt : vous percevez alors les indemnités journalières de la Sécurité sociale et l’ASP est suspendue. Le versement reprend automatiquement à la fin de l’arrêt.
Attention aux durées : les périodes d’arrêt maladie suspendent le versement de l’ASP mais n’allongent pas indéfiniment la durée du CSP. Les règles prévoient une tolérance, au-delà de laquelle le bénéficiaire peut sortir du dispositif et être orienté vers l’allocation chômage classique si ses droits le permettent. En revanche, les congés liés à la maternité, paternité, adoption ou au congé de proche aidant prolongent formellement la durée du CSP d’une durée équivalente au congé.
Pièges courants et conseils pratiques pour éviter les erreurs
- Confondre CSP et congé : clarifiez toujours par écrit la nature de la rupture et ce que cela change pour le salarié.
- Oublier le délai de 21 jours : conseillez au salarié de demander un entretien avec France Travail s’il hésite; conservez les preuves d’envoi et de réception des documents.
- Gérer mal les documents transmis à France Travail : préparez l’attestation employeur et le solde de tout compte sans délai pour éviter des retards d’indemnisation.
- Négliger l’accompagnement : encouragez la participation active aux actions proposées, faute de quoi le bénéficiaire risque une radiation.
- Minimiser l’impact des arrêts maladie : informez le salarié des conséquences sur l’ASP et des règles sur la durée du dispositif.
Que retenir pour les services RH et les salariés ?
Pour les équipes RH, le CSP exige une procédure précise : information au bon moment, respect des délais, transmission des pièces à France Travail et accompagnement humain. Pour le salarié, il s’agit d’un choix stratégique à comparer à l’inscription classique à Pôle emploi/assurance chômage : le CSP offre un suivi intensif et une allocation spécifique, mais implique la rupture du contrat et des engagements durant la période d’accompagnement.
Sur le plan macro, le dispositif reste largement utilisé : selon les données publiées, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont adhéré au CSP au cours des derniers trimestres, ce qui montre son rôle important dans la gestion des licenciements pour motif économique.
FAQ
Peut-on accepter le CSP si l’on est en arrêt maladie ?
Oui, l’adhésion est possible pendant un arrêt maladie. L’ASP est suspendue pendant l’arrêt et les indemnités journalières de la Sécurité sociale prennent le relais. Le versement de l’ASP reprend automatiquement après la fin de l’arrêt, mais les règles de durée du CSP doivent être prises en compte.
Qui doit proposer le CSP en cas de licenciement économique ?
Les employeurs d’un effectif inférieur à 1 000 salariés doivent proposer le CSP. Les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire doivent aussi le proposer quel que soit leur effectif. L’absence de proposition peut entraîner une contribution financière versée à France Travail.
Quelles sont les obligations du bénéficiaire du CSP ?
Le bénéficiaire doit participer activement au parcours d’accompagnement, se rendre aux rendez-vous, suivre les actions convenues et ne pas refuser plus d’une offre raisonnable d’emploi. Le non-respect répété de ces engagements peut conduire à une radiation et à la perte de l’allocation.


