Rentrée 2026 : quelles nouvelles obligations pour l’employeur ?

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Rentrée 2026 : quelles nouvelles obligations pour l’employeur ?

La rentrée 2026 apporte plusieurs évolutions du droit social auxquelles les services RH doivent se préparer rapidement ; cette synthèse pratique met l’accent sur les implications concrètes pour l’organisation, les outils et la relation avec les salariés.

Ce qui change immédiatement et ce qu’il faut surveiller

Certaines modifications entrent en vigueur à dates précises et affectent directement la gestion des absences, des fins de contrat et des parcours professionnels. Les règles relatives aux durées d’arrêt maladie et le recalibrage des allocations chômage après une rupture conventionnelle sont parmi les plus visibles. D’autres mesures, comme la généralisation du congé supplémentaire de naissance ou les obligations liées aux entretiens de parcours, imposent des mises à jour de process et d’outils.

Comment adapter vos procédures face au plafonnement des prescriptions d’arrêts maladie ?

Depuis le 1er septembre 2026, la durée initiale d’un arrêt ne peut dépasser 31 jours et chaque prolongation est plafonnée à 62 jours pour les prescriptions établies ou prolongées après cette date. Ces règles s’appliquent aux prescriptions signées par un médecin, une sage‑femme ou un chirurgien‑dentiste, sauf justification médicale portée sur l’avis d’arrêt.

Documents médicaux et prescription sur un bureau pour suivi des arrêts maladie
Assurez le suivi et l’archivage des prolongations d’arrêt maladie.

Que modifier dans vos process RH ?

Prévoyez un suivi plus fréquent des dossiers d’absences longues et configurez vos outils pour recevoir et historiser les prolongations. Vérifiez que vos gestionnaires reçoivent des alertes avant l’expiration des périodes prescrites afin d’anticiper les échanges avec les médecins et d’éviter des ruptures de droits ou des erreurs de paie. Les règles de maintien de salaire restent inchangées : l’évolution porte exclusivement sur la durée des prescriptions.

Erreurs courantes à éviter

Les fautes les plus fréquentes observées en entreprise incluent la non‑mise à jour des procédures internes, l’absence de traçabilité des prolongations et le fait de confondre contrôle administratif et évaluation médicale. Une mauvaise transmission des pièces peut retarder la prise en charge par la Sécurité sociale ou créer des incompréhensions avec le salarié.

Rupture conventionnelle individuelle : quels impacts sur l’indemnisation ?

La durée maximale d’indemnisation chômage versée après une rupture conventionnelle individuelle évolue à compter des contrats rompus dès le 1er septembre 2026. Pour les salariés de moins de 55 ans la durée maximale diminue, tandis que pour les salariés âgés d’au moins 55 ans la durée est aussi ajustée. La date de rupture effective reste le point de référence pour l’application des nouvelles règles.

Sur le plan RH, l’importance est double : informer clairement les salariés pendant les négociations et actualiser tous vos supports (modèles d’accord, fiches d’information, simulations chiffrées) afin d’éviter des surprises au moment du départ.

Entretien de parcours professionnel : organisation et limites à connaître

L’entretien professionnel, rebaptisé entretien de parcours, vise à privilégier la trajectoire professionnelle plutôt que l’évaluation de l’activité. Il doit être proposé périodiquement et fait l’objet d’un état des lieux récapitulatif tous les huit ans. Des rendez‑vous supplémentaires liés à l’âge (suite à la visite de mi‑carrière et avant 60 ans) complètent désormais le dispositif.

Entretien professionnel en bureau avec notes et ordinateur
Remaniez vos trames d’entretien pour centrer sur les compétences et la mobilité.

Concrètement, cela signifie que vos trames d’entretien devront être remaniées pour centrer l’échange sur les compétences, la formation, la mobilité et les projets de reconversion. Veillez à fournir un document récapitulatif au salarié après chaque entretien et à dissocier explicitement ces échanges des évaluations annuelles de performance.

La négociation sur les salariés expérimentés : préparation et obligations

Pour les entreprises de 300 salariés et plus disposant de sections syndicales représentatives, une négociation spécifique sur les salariés expérimentés devient un thème à part entière du dialogue social. Elle porte sur le recrutement, le maintien dans l’emploi, les aménagements de fin de carrière et la transmission des savoirs.

Un diagnostic chiffré s’appuie notamment sur la BDESE et le document unique d’évaluation des risques professionnels avant d’engager les discussions. Notez qu’un mécanisme de sanction financière (malus) est prévu pour les employeurs défaillants, mais ses modalités restent à préciser par décret : suivez de près les textes réglementaires pour connaître les conditions exactes.

Congé supplémentaire de naissance : démarches et bonnes pratiques

Le congé supplémentaire de naissance est applicable depuis le 1er juillet 2026 pour les naissances ou adoptions intervenues à compter du 1er janvier 2026. Chaque parent dispose d’un ou deux mois supplémentaires, fractionnables en deux périodes. La procédure impose au salarié de prévenir son employeur au moins un mois à l’avance, délai qui peut être réduit à quinze jours selon les situations.

La transmission à l’Assurance Maladie doit intervenir dans les cinq jours ouvrés suivant la demande. À partir du 1er octobre 2026, ce signalement se fera en DSN via un formulaire simplifié : testez vos paramétrages DSN, formez vos équipes paie et contrôlez les déclarations déjà effectuées pour éviter des retards d’indemnités journalières.

Calendrier pratique pour les RH

Date Mesure Action RH prioritaire
1er juillet 2026 Congé supplémentaire de naissance applicable Mettre à jour procédures et contrôler dossiers transmis
1er septembre 2026 Plafonnement des prescriptions d’arrêt maladie et modification des durées d’indemnisation après rupture Paramétrer alertes absences et actualiser documents d’information
1er octobre 2026 Fin de la période transitoire pour les entretiens de parcours et signalement DSN pour congé supplémentaire Auditer accords collectifs et tester la DSN

Pratiques recommandées pour une mise en conformité efficace

Plutôt que d’attendre les derniers textes ou décrets, initiez un audit interne des accords applicables, des trames d’entretien et du paramétrage paie. Coordonnez RH, paie et service juridique pour définir un rétroplanning de mise à jour des modèles et des formations. Communiquez en amont avec les managers pour qu’ils sachent distinguer entretien de parcours et évaluation, et pour qu’ils orientent correctement les salariés vers les interlocuteurs compétents.

FAQ

Les nouvelles règles sur les arrêts maladie s’appliquent‑elles aux arrêts en cours ?

Non, les plafonds de durée concernent uniquement les prescriptions établies ou prolongées à compter du 1er septembre 2026. Les arrêts en cours à cette date ne sont pas rétroactivement modifiés.

Est‑ce que l’employeur finance l’indemnisation chômage après une rupture conventionnelle ?

Non, l’indemnisation est versée par l’organisme compétent (France Travail). Toutefois, l’employeur doit informer le salarié lors des négociations et mettre à jour les documents fournis afin que le salarié comprenne ses droits réels.

Que faire si un accord d’entreprise prévoit une périodicité différente pour les entretiens de parcours ?

Les accords aménageant l’ancienne périodicité doivent être conformes au nouveau dispositif à compter du 1er octobre 2026. Il est recommandé d’auditer ces accords dès maintenant et d’engager les adaptations nécessaires.

Quels contrôles techniques prioriser pour le DSN lié au congé supplémentaire de naissance ?

Vérifiez que votre éditeur de paie a intégré le nouveau signalement et testez les flux DSN en environnement de préproduction. Contrôlez que le formulaire simplifié sera correctement rempli et que les délais de transmission à l’Assurance Maladie sont respectés pour éviter des retards d’indemnisation.

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